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Fédération Française d'addictologie - Rapport - Genericlop

 

Le tabac L’arrivée de la cigarette électronique est un exemple modélisant de la complexité des outils de la RdRD.Il est admis que la toxicité de la cigarette est due exclusivement aux produits de la combustion. Lorsque la nicotine, qui est la molécule addictogène, est disponible sans combustion, la toxicité est très largement diminuée, même si tous les éléments de cette toxicité ne sont pas encore étudiés.

Les outils médicamenteux actuels de la dépendance à la nicotine sont peu performants dans l’objectif d’un sevrage à long terme. La cigarette électronique, promue par les usagers et regardée avec méfiance par les scientifiques, s’avère un outil complémentaire de la réduction des risques : 1 million d’utilisateurs en peu de temps, dont une partie non négligeable parvient à réduire significativement la consommation de tabac et les effets délétères de sa combustion.

Cet outil particulier nécessite une nouvelle approche de développement, d’évaluation et de recherche : J Mise en place d’une évaluation en rapport avec son utilisation réelle, et pas en comparaison avec des produits qui n’ont pas le même statut J Sécurisation de l’utilisation, par une réglementation adaptée J Mise à disposition de dosage de nicotine adapté aux besoins des usagers J Prise en compte de l’expérience des usagers et de leurs associations dans le positionnement de cet outil dans la politique de RdRD Il serait très dommageable que la cigarette électronique qui jusqu’alors bénéficiait d’un statut de produit de consommation courante soit menacée par la nouvelle Directive européenne sur les produits du tabac (alors qu’elle n’en est pas un).

L’application de cette Directive en mai 2016, lorsque le gouvernement l’aura transposée en droit français, va considérablement freiner l’innovation et favoriser les cigarettes électroniques mises sur le marché par l’industrie du tabac, qui seule aura les moyens, avec l’industrie pharmaceutique, de supporter les contraintes administratives et financières imposées par cette Directive.

Tout comme l’Angleterre le fait depuis 2013, une autre approche de la réduction du risque tabagique pourrait être l’utilisation des substituts nicotiniques à long-terme par une meilleure diffusion et mise à disposition, avec une prise en charge plus complète que celle qui est proposée en France pour l’aide à l’arrêt (remboursement de 50 euros une fois par an, et 150 euros pour les femmes enceintes, les jeunes de 25 à 30 ans, les bénéficiaires de la CMU-C, et les personnes traitées pour le cancer). En Angleterre, l’accès au traitement (suivi et TNS) est gratuit depuis de nombreuses années.

 

Source : http://www.addictologie.org/dist/telecharges/FFA2016_RapportOrientation&Recos.pdf